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Vivre mieux – L’art de ne rien faire en bonne conscience

 
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Vivre mieux – L’art de ne rien faire en bonne conscience

woman laying down thinking or doing nothing

Ne “rien faire” est une mission possible mais politiquement incorrect.

Dans un monde où l’on estime sa valeur principalement en fonction du rôle que l’on joue dans la société, et où le travail sacralisé est au coeur de nos préoccupations et de notre identité, l’absence d’activité est considérée comme non productive puis assimilée à de la paresse. Reliés en permanence par le téléphone mobile au monde, et assaillis par un flux d’informations constant qui stimule notre cerveau et accapare notre attention, l’idée de faire face à soi-même par l’inaction, nous angoisse ou nous fait croire à notre solitude.

Et pourtant.  La période de l’antiquité classique où l’on prônait l’oisiveté (l’otium) a vu naître les pensées florissantes et intemporelles des grands philosophes. L’éloignement du quotidien et des affaires, la mise en “retraite” et le temps libre, ont profité à Socrate, Platon, Aristote (pour ne citer qu’eux) et au monde.

Pourtant encore, nous attendons impatiemment les vacances pour s’adonner sans culpabilité à ce rien faire, car par notre effort au travail nous l’avons mérité ; on respira alors l’air de la mer dont on avait oublié le goût de l’iode ; on s’étonnera de voir passer un papillon en se souvenant avec regret des coccinelles qui se posaient en été sur nos bras ; puis on reviendra à notre quotidien affairé, paré de notre bonne mine et de notre santé retrouvée.

Et pour les presque 500 000 personnes atteintes en France par le syndrome d’épuisement professionnel, le “burn out”, les médecins prescriront dans l’année, l’arrêt de leur travail, et les encourageront à l’inaction.





Certes, nous n’aspirons pas tous à devenir un grand philosophe et nos activités peuvent être sources d’épanouissement, de bien-être et d’accomplissement. Mais il n’est pas moins nécessaire, voire indispensable à notre équilibre et à notre santé, de s’accorder des temps de pauses. Comme le démontre le neuropsychologue Francis Eustache, le cerveau qui se met en mode “par défaut” lorsque l’on cesse de “faire” fait le tri, et met de l’ordre dans les informations que nous stockons quotidiennement.

En nous offrant du repos, nous lui permettons d’assimiler et de synthétiser nos expériences, nos ressentis et nos pensées. Ce qui nous permet une meilleure compréhension et appréhension de notre environnement et des événements auxquels nous faisons face.

Alors, comment s’y prendre lorsque nous avons si bien appris à exister par le “faire” ?

Retrouver l’instinct de ne rien faire

Nous avons flirté et fréquenté spontanément l’inaction dans notre jeunesse. Rappelez-vous de ce temps où, affalé dans un canapé, vos parents vous disaient : “ne reste donc pas là sans rien faire ! N’as-tu pas des devoirs d’école pour demain ? Non ? Et bien avance-toi pour la semaine prochaine ? ” Lorsque nous étions encore plus jeunes, nous avons entendu : “Tu ne sais pas quoi faire ? Tu n’as pas assez de jouets dans ta chambre pour t’amuser ? Allez, file avant que je te trouve une occupation !” Pourtant, béats au-dessus de notre berceau, géniteurs ne se lassaient pas d’admirer notre regard fixé sur le mobile qui tournoyait au-dessus de notre tête.

En plein état méditatif, nous connections et ordonnions nos neurones stimulés par nos sens pleinement actifs. Un état mental qui nous faisait faire chaque jour de grands pas en avant. Devenus adultes, nous devons désapprendre à réprimer notre instinct de ne rien faire.

S’éloigner des pensées culpabilisantes

Les pensées maîtrisent l’art de brouiller les pistes et de nous éloigner de soi lorsqu’on en perd le contrôle. Dans nos premières tentatives d’inaction, elles ne manqueront pas de nous ramener au sentiment de culpabilité : “Je n’ai pas le luxe de ne rien faire, moi. J’ai un travail, des responsabilités familiales. Non vraiment, ne rien faire ce n’est pas pour moi. C’est pour les fainéants”. Ah la paresse ! Comment ne pas se sentir coupable ? Pour se débarrasser de telles pensées et du sentiment de culpabilité qui les accompagne, il faut comprendre et intégrer l’idée que le temps de l’inaction est celui d’une implication productive et vertueuse. Que finalement, ne rien faire est sans aucun doute s’accorder à mieux faire.

Modifier sa perception du temps

Lorsque nous sommes contraints ou dépendants de l’extérieur pour agir ou entreprendre, nous trouvons le temps terriblement long. Lorsque nous nous imposons une multitude de choses à faire dans une journée où 12h suffisent à peine à en accomplir le tiers, nous trouvons le temps cruellement court. Enfant, il ne nous questionne même pas ; adolescent, l’on voudrait qu’il nous mène plus vite vers l’indépendance ; adulte, il nous presse ; âgés, nous ne l’avons pas vus passer. Pour les physiciens quantiques, le temps est une question de perspective et non une vérité universelle. Et pourtant, malgré sa relativité voire son inexistence, il est une de nos préoccupations majeures.

Sachez que l’on peut gagner du temps en en perdant. Alors, soyez en paix avec lui, oubliez-le un instant, et porter votre attention sur le seul moment présent.

Se déconnecter de nos appareils

Bien entendu, nos téléviseurs, puis nos ordinateurs et téléphones mobiles sont nos premiers “empêcheurs” de ne rien faire. Surtout nos portables qui sont devenus indispensables, le croyons-nous, à notre quotidien : en plus de nous permettre de communiquer à tout instant, ils apportent des réponses à nos questions, nous servent de GPS (ou carte routière), d’alarme (ou de réveil), d’agenda (ou de secrétaire), d’appareil photo, etc.

L’inaction nécessite la désactivation de nos appareils qui stimulent constamment notre cortex cérébral, pour calmer enfin notre mental. C’est indispensable pour parvenir à ne rien faire, et tirer pleinement les bénéfices de la non-action.

Favoriser le rapprochement avec la nature

La nature nous ramène à l’essence même de la vie. Elle réveille nos sens endormis, parfois anesthésiés, par une activité mentale excessive et continue. Respirer et sentir l’odeur de l’herbe coupée ; frissonner aux caresses de la brise sur sa nuque ; regarder le soleil qui se couche et celui qui se lève ; écouter le chant des oiseaux au petit matin et le vent qui fait chanter les feuilles dans les arbres ; et goûter à pleine bouche les embruns marins.

Il suffit de quelques minutes d’attention à la nature qui nous entoure, pour constater l’apaisement instantané de notre mental par l’activation de nos cinq sens. Des sens dont les rôles fondamentaux de récepteur et transmetteur d’informations facilitent notre adaptabilité à l’environnement.

Apprivoiser la peur du rien

Lorsque le bruit incessant de nos vies hypers actives s’arrête, des peurs qui nous éloignent des bénéfices de l’inaction nous gagne. Celle du silence qui pourtant a tant de choses à nous dire ; celle du vide qui n’est autre qu’un espace prêt à accueillir le renouveau ; celle de n’être plus personne alors qu’il est question d’Être ; et au-delà de tout cela, celle de la mort que l’on assimile à ce rien, lorsque la foi en ce qui est nous a quitté. Ne rien faire n’est pas mourir, car pour lutter contre le faire, il faut être conscient et bien vivant.

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Conclusion

Les Néerlandais ont compris et intégré la nécessité de ne rien faire. Ils appellent cela le “Niksen”. Autrement dit, le savoir ne rien faire ou l’oisiveté consciente et positive. Une non-activité qui nécessite, vous en conviendrez, de la pratique.

Mais la bonne nouvelle, c’est que la farniente des Italiens, le chill des Anglais et la glande des Français sont, avec un peu d’entraînement, à la portée de tous ! Et en plus d’être bénéfiques pour la santé physique et mentale, ils peuvent s’avérer être hautement productifs ! Sans mon assignation à résidence qui m’a contrainte à l’inaction, mon article sur ce sujet n’aurait peut-être jamais vu le jour.

Je vous souhaite une pratique décomplexée de l’art de ne rien faire, pour découvrir vos potentiels insoupçonnés et votre créativité !

Blandine Gerber Fleury aime écrire et partager, mère de quatre enfants, coach de vie, elle peut être jointe ici sur FB

Lire aussi du meme autheur – ÉMOTIONS & SENTIMENTS – COMMENT CALMER SON MENTAL

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