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le conflit, une opportunité de créer du lien

 
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le conflit, une opportunité de créer du lien

Published: 11-05-2020 - Last Edited: 18-01-2021

couple in conflict not looking at each other, back to back, outdoor

communiquer dans la bienveillance

Qu’il s’agisse de communications conflictuelles avec son conjoint, entre membres d’une même famille, avec ses amis ou ses collègues de travail, il est possible de désamorcer les tensions parfois récurrentes, et d’agir en sorte que l’objet d’un désaccord devienne une opportunité de créer du lien et de le renforcer.

Voici en quelques paragraphes des outils empruntés à la CNV (Communication NonViolente), une technique de communication bienveillante, hautement éclairante et efficace, mise au point par le regretté Marshall Rosenberg. Aussi, quelques explications qui vous permettront de mieux comprendre et mesurer le bien fondé de cette méthode. Prenez-en notes, imprégnez-vous-en et surtout, mettez-les en application quotidiennement dans vos échanges. Vos relations en seront transformées.

La naissance d’un conflit.

Un conflit survient dans une conversation, lorsque s’éveillent des émotions qui sont reprises par le dialogue interne des protagonistes. Ces dialogues internes génèrent des sentiments qui sont l’expression de besoins fondamentaux non satisfaits, et qui se traduisent généralement en reproches, jugements, critiques ou interprétations.

Lire aussi – Emotions & Sentiments, ou comment calmer son mental.





Ces sentiments ainsi exprimés mettent en position de défense la personne à qui ils sont adressés. Se sentant agressé, et ses besoins étant à cet instant également insatisfaits, l’interlocuteur ainsi visé désignera, à son tour et en retour, l’autre comme responsable de son état émotionnel. S’en suit un combat où chacun tente d’avoir raison en rejetant la responsabilité de ce qui l’anime, sur l’autre.

De telles conversations et échanges peuvent mener à une rupture, si aucun des protagonistes prend conscience de leurs enjeux qui sont, pour chacun, d’assouvir leurs besoins fondamentaux et légitimes.

Comment transformer un conflit en une opportunité de créer du lien. 

La méthode de Communication NonViolente est aussi efficace pour transformer une situation conflictuelle, qu’elle est simple à intégrer. Il s’agit fondamentalement d’une communication consciente, authentique et responsable, qui génère de l’empathie. Voici les quatre étapes qu’elle suggère de suivre, notamment en cas de conflit, pour faire des échanges difficiles des opportunités de créer des liens et de les enrichir. 

Observer ce qui se passe.

Prenons l’exemple d’une conversation où l’une des personnes est interrompue à plusieurs reprises. Une émotion l’assaille, et dans le flot de sentiments naissants elle est tentée de s’exclamer ainsi : “On ne peut jamais discuter avec toi ! Tu es toujours en train de me couper la parole ! Tu ne fais jamais attention aux autres de toute façon !” Exprimer de tels jugements et interprétations entraînerait très probablement un conflit.

Suivant la méthode de CNV il convient dans le cas précité et pour la personne qui prends conscience de son émotion, de se positionner en observateur et de décrire la situation de manière objective. En faisant le constat qu’elle est interrompue dans son discours qu’elle ne peut exprimer d’une seule traite, elle fait état d’aucune interprétation ni de blâme. 

L’émotion alors apaisée par l’attention portée sur l’observation des faits, et l’interlocuteur ne se sentant pas agressé par cette présentation purement factuelle de la situation, ne permettent pas à cet instant de rentrer dans un conflit.

Exprimer son sentiment.

L’observation faite, il s’agit de se pencher sur l’émotion ou le sentiment que génère cette situation, et de l’exprimer sans retourner à des considérations qui rendraient l’autre de nouveau responsable. Pour faciliter cela, il faut à tout prix éviter l’utilisation des pronoms personnels tu et vous, et employer le je. Car on ne peut pas parler de soi en désignant autrui.

La liste des émotions et sentiments qui nous animent est longue, et il est parfois difficile de les identifier correctement. Dans notre exemple, la personne interrompue pourrait se sentir excédée, désabusée, contrariée, en colère, etc. Considérons ici qu’elle se sent excédée d’être interrompue à plusieurs reprises dans son discours. C’est cela qu’il lui faut dire à son interlocuteur, après lui avoir décrit le contexte qui a vu naître ce sentiment.

Ce travail d’identification des sentiments, qui permet de prendre conscience de soi et d’exprimer son ressenti, privilégie notamment la construction du lien.

Identifier ses besoins.

Si nous expérimentons tous les mêmes besoins, ils ne sont pas identiquement fondamentaux et prioritaires pour chaque individu. Car notre éducation, nos rencontres, notre culture et tout ce qui est à l’origine de notre système de croyance, nous ont permis d’élaborer des stratégies qui nous sont propres pour les satisfaire, ou bien nous ont limité dans nos facultés à les assouvir.

Voici quelques exemples de besoins fondamentaux : Besoin de sécurité, de compréhension, d’attention, d’intimité, de créativité, d’empathie, de repos, de détente, de lien, de partage etc. La liste n’est pas exhaustive.

Reprenons notre exemple. Nous savons que l’émotion désagréable générée par la situation précitée est en corrélation avec un besoin fondamental qui n’est pas assouvi. Il s’agit ici de l’identifier. Le besoin de considération pourrait-être dans notre cas celui non satisfait.

Bien sûr, d’autres besoins intermédiaires et peut-être même plus profonds peuvent se cacher derrière l’émotion ou le sentiment éprouvé par cette personne. Mais imaginons qu’elle est identifiée celui-ci. Cette étape d’expression du besoin va permettre d’infuser dans l’échange de la compréhension, voire de la compassion et de l’empathie.

Formuler une demande.

A ce stade de la conversation où un lien est établi entre les interlocuteurs, il reste à ouvrir le dialogue qui permettra à celui désagréablement touché par l’interruption de son discours, d’être profondément apaisé et de continuer son développement sans affecter l’autre en retour.

La formulation d’une demande est une invitation à poursuivre une conversation dans de bonnes conditions. Elle doit pour cela être exprimée positivement, c’est à dire en évitant de ramener la situation à des manquements et en la portant sur le terrain des possibles. Cette demande doit-être réalisable, concrète et satisfaisante pour chacun.

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Il s’agit dans notre cas de trouver le moyen et de le suggérer, pour que l’un se sente considéré et l’autre ait la possibilité de s’exprimer lorsqu’il en ressent le besoin (suivant ses besoins potentiellement identifiés).

Enchaînement des quatre étapes de la CNV dans notre exemple.

Voici ce que pourrait exprimer concrètement la personne qui est affectée par la situation, si elle suivait les quatre étapes préconisées par la Communication NonViolente :

“ Lorsque je parle et que je suis interrompue, je me sens excédée. Je comprends que cela est dû à mon besoin profond de considération. Que penses-tu de l’idée que nous utilisions un “témoin” qui nous permettrait un temps de parole à l’un et à l’autre ? Chaque fois que nous aurions besoin de nous exprimer, nous prendrions l’objet dans notre main.”

A ce point de la conversation qui est passée par le filtre des quatre étapes de la CNV, il n’est nullement question de conflit. Il peut arriver cependant que perdure l’émotion ou le sentiment désagréable. Cela est généralement le fait d’un besoin mal identifié. Derrière celui exprimé, il en est probablement un fondamental qui est en lien plus direct avec le ressenti. Il peut aussi s’agir d’une demande mal formulée. Elle manque peut-être de précision, ou elle se heurte au besoin de l’autre interlocuteur. Il convient alors de repasser par ce même processus qui, une fois intégré par la pratique, devient une manière de communiquer habituelle et spontanée.

Conclusion. 

La prise de recul qu’implique chaque étape de la CNV permet de prendre conscience et d’apprendre de soi et de l’autre, et de retrouver sa faculté naturelle de bienveillance. Elle nous autorise à vivre apaisé nos relations à l’autre et à soi-même. Des relations alors dépouillées de toutes idées de mal ou de bien, et focalisées sur l’intention de rester en lien.

“Tout là-bas, au delà des idées de mal faire et de bien faire, il y a un champ. Je t’y rencontrerai.” Rûmî

Je vous espère de belles rencontres par la pratique de cette méthode.

Blandine Gerber Fleury aime écrire, partager et inspirer. Mère de quatre enfants, autrice et accompagnante, elle peut être jointe ici sur FB

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